vendredi 16 octobre 2009

L'indonésie, ce pays sonore

Je m'apprêtais à divaguer sur la didactique dans ce billet quand je me suis amusée de la petite musique du livreur de bouffe à moto qui vient de passer sous ma fenêtre. Du coup, j'ai envie de parler de sons. Ces sons étrangers, si différents "des nôtres", qui ont une grande part dans la découverte de la culture de l'Autre, au même titre que ce que l'on peut observer autour de soi.

La musique d'accompagnement des restaurants ambulants; de nombreux restau' ("Warung") déambulent dans les quartiers et signalent leur présence de différentes façons, toutes plus "auditivement originales" les unes que les autres. Ce peut être la petite musique cheesy de type marchand de glace, le tapotement d'une baguette sur un tronc de bois creux, ou tout simplement le type du Warung qui gueule à tue-tête.

Les moteurs de moto; j'aime particulièrement ce qui pour d'autre pourrait être une nuisance, pour la simple raison que j'identifie ce son à l'Asie, mon Asie. Il est pour moi l'un des sons les plus typiques de l'Asie du Sud Est, et je me rappelle de ce flashback impressionnant que j'ai eu à mon arrivée à Jakarta en entendant les moteurs, vrombissements assourdissants qui m'ont alors ramenés brusquement au Laos. C'est fou à quel point un moteur de moto pétaradant peut avoir une charge émotionnelle :)

Les animaux. Pays tropical oblige, l'Indonésie pululle de petits animaux en tout genre et d'insectes tous plus excentriques les uns que les autres. La nuit est une enveloppe sonore particulièrement impressionnante. A noter le "pouet" du gecko, qui est toujours aussi rigolo (on l'entend moins qu'au Laos, malheureusement).

Le son de l'Adhan, la voix du muezzin. Je ne peux m'empêcher bien sûr de penser à la Syrie quand je l'entend, bien que l'Adhan (appel à la prière) que l'on entend ici soit bien différent. Ici, le muezzin prend son temps, il varie, il improvise même un peu. Comme cette nuit où il m'a réveillé lors de l'appel de 4h00, et ou au lieu du quart d'heure habituel, le muezzin est parti en freestyle total pendant plus d'une heure et quart. Ainsi, l'appel à la prière semble dépendre pour une grande part de l'artiste au micro. On s'éloigne de la rigueur Syrienne, et il me semble que les libertés que prennent les muezzins en Indonésie correspondent à cette modération qui caractérise l'islam de l'archipel.

"Ledeng Ledeng Ledeng!!!" "Kalapa Kalapa Kalapa!!!" "Dago Dago Dago!!!" : criés à une vitesse invraisemblable, il semblerait que les chauffeurs d'Angkot (le moyen de transport local) prennent un malin plaisir à jouer avec les syllabes rigolotes qui composent les noms des quartiers principaux de Bandung. Essayez, vous verrez!


2 commentaires:

  1. Ici, ce sont les klaxons, les muezzins, et les bruits de moteurs de tacots qui m'impressionnent. Chaque voiture a un klaxon différent ou presque et prend un malin plaisir à montrer qu'elle en possède un.

    Les Ladas 2107 avec des "sounds systems" qui font vibrer mes vitres (j'habite quand même au second), sont pas mal non plus : le système audio doit coûter plus cher que la voiture elle-même.

    Le bruit du vent qui s'engouffre dans ma rue et le cri du type à la fonction indéfinie qui passe chaque semaine sous mes fenêtres avec une brouette. Je n'ai toujours pas trouvé ce qu'il pouvait bien faire comme petit travail, mais un jour je mènerai mon enquête.

    On ne vit plus dans un environnement sonore aseptisé où tout doit être acoustiquement correct : le bruit, ici, et probablement chez toi aussi, est clairement un signe extérieur de vie intérieure. Plus tu te fais entendre et plus tu seras vu et reconnu, donc plus tu auras d'attention.

    Multicanalité, quoi.

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  2. C'est interessant de constater a quel point les sons font partie integrante d'une culture. Dans le cas de l'Indonesie (et je l avais constate aussi au Laos), les sons exterieurs sont omni-presents car la population vit les 3/4 du temps dehors. La rue, dans ce cas, est un prolongement de la maison. C'est passionnant car on a acces a la vie en direct, on peut observer la vie se derouler sans pour autant se mettre en position de voyeur. Contrairement a chez toi, il n est pas vraiment question ici d'attirer l'attention...

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