jeudi 29 octobre 2009

Les FLE de l'amour

Je discutais avec un copain il y à quelques jours, et nous en sommes arrivés à discuter hobby. Il me demande alors si j'aime jouer aux cartes. Non. Les cartes m'indiffèrent, je n'ai aucune espèce d'intérêt pour cette activité. Les échecs? Me demande-t-il alors. Non. Pas la patience. Pas même la patience de passer le cap des explications des règles. Alors de là à y jouer...Les dames? Idem. La linedance? Pffrt. La salsa? Pas moyen de me faire danser avec quelqu'un.

- "t'aimes rien en fait"?

- "Ben en fait non, je suis très chiante comme fille"

Bien sur, la conversation était bon enfant, et ma réponse bien entendu ironique (j'ai passé le cap de l'auto flagellation depuis l'adolescence déjà), mais cette brève conversation m'a fait réfléchir et je me dois de me rendre à l'évidence : non, je n'ai pas de passion.

J'en ai des milliers.

Je donne toute mon énergie à une multitude de choses, et j'ai expérimenté un nombre incalculable d'activités sans pour autant pouvoir m'impliquer entièrement dans une en particulier. Aucune de ces passions furtives (en vrac : La guitare, le piano, la musique assistée par ordinateur, la création de sites Internet, le cabaret, le roller, la langue des signes, la photo, le féminisme, la politique, l'humanitaire, la peinture, le secourisme, la régie lumière, le sport, et j'en passe) n'a pu échapper à ma tendance bulldozer à me lasser des choses.

Je suis curieuse de tout, et ma passion dans la vie est simple: ma passion, c'est la vie. Tout ce qu'on y voit, tout ce qu'on y goûte, tout ce qu'on en apprend, tout ce qu'on y partage.

Et j'ai de la chance, dans mon malheur; j'ai trouvé le FLE.

Et ces jours-ci, je bénis d'autant plus d'avoir croisé le FLE sur ma route que je suis en situation de challenge quotidien avec certaines de mes classes, notamment avec les cours de sociolinguistique et de "{([*^civi*^])}" (j'ai une haine pour ce mot, il faut absolument que j'en trouve un autre - toute suggestion sera étudiée avec grand intérêt), cours qui demandent non pas uniquement une préparation, mais une véritable autoformation accélérée et constante, et rien ne peux me faire plus plaisir. Ainsi, je me suis plongée ces derniers jours dans la sociolinguistique, domaine que je ne connaissais que très peu, et qui me ravit à mesure que j'en étudie les complexités. Le plaisir est double, car en plus de me satisfaire d'un point de vue personnel, je ressens un grand plaisir à transmettre ce que j'apprends à mes étudiants, et je suis persuadée que la passion que l'on met dans quelquechose peut influer sur la motivation et la réussite des étudiants (la passion seule ne peut suffire, il faut ajouter une bonne dose de didactique et de pédagogie pour s'en sortir, faut pas rêver!!!*)

Bref, pour en revenir à la sociolinguistique, je m'éclate à (re)passer en revue les grandes notions, en essayant d'approfondir au maximum en croisant les sources et les supports (sans accès à la littérature récente du domaine mais j'ai tout de même la chance d'avoir accès à pas mal d'ouvrages à bandung, notamment via la fac et le CCF), et avec l'aide d'une informatrice inespérée en la personne de ma propre professeur de sociolinguistique de M1 qui accepte de me "sponsoriser sociolinguistiquement" via emails. Et je dois dire que ce n'est pas de trop, car la sociolinguistique est un domaine complexe, dans lequel on a vite fait de se paumer! Diglossie, dialectes, bilinguisme...La délimitation de ces notions seules demande une véritable rigueur pour faire face aux nombreuses questions - toutes plus pertinentes les unes que les autres d'ailleurs - de mes étudiants avides d'en savoir plus et avides d'exemples concrets.

J'ai le même sentiment de plaisir à m'autoformer dans la préparation de mes cours de didactique. Bon, là, c'est un peu honteux de dire que je m'y autoforme, car c'est l'objet de ma formation en master, mais bon, il y à tout de même un bond entre être étudiant en didactique et enseigner la didactique. Punaise, ça c'est pas rien!! La préparation, je la peaufine, et je peux vous dire que je répète à voix haute devant ma glace les veilles de cours!! Mais quel bonheur en tout cas, de pouvoir parler d'un domaine qui me passionne autant depuis que j'ai commencé le FLE. Je pourrais en parler des heures, si seulement j'étais assez intelligente pour durer ce temps là haha. Enseigner la didactique en tout cas, en voilà un beau challenge; c'est très stimulant, mais c'est aussi une constante leçon d'humilité. Chaque jour je me demande qui je suis pour prétendre enseigner à des professeurs la didactique? J'ai toujours ce sentiment d'illégitimité que je n'arrive à ettouffer qu'en préparant les cours les plus soignés et les plus rigoureux.

Enfin, les cours de civi qui me demandent aussi une bonne dose d'autoformation, sur des thèmes aussi variés que passionnants dont j'avais déjà parlés dans un billet précédent.

BREF TOUT CA POUR DIRE que, malgré tout, le FLE c'est une sacré passion en soi, et que j'ai vraiment trouvé chaussette à mon pied en tombant dedans, car je crois qu'avec cette profession, j'ai de quoi combler ma curiosité pour le monde pour un bon nombre de vies :)


*Clin d'oeil gros comme une maison aux aspirants professeurs de FLE ayant le projet fou de voyager par delà le monde sans passer par la case Master FLE :)

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