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samedi 5 juin 2010

Séminaire international sur le thème de la perspective actionnelle en Indonésie

L'UPI a organisé le 5 juin un séminaire international sur le thème de la perspective actionnelle dans l'enseignement du FLE en Indonésie.


Les collègues m'ont proposé d'y intervenir lors de la séance plénière, et de parler de mon expérience. Ca m'a semblé être une bonne occasion de partager à propos de ce thème que je connais bien (la perspective actionnelle, qui a été le thème de mon mémoire de M1), mais aussi une occasion de partager ce moment fort pour le département de français de l'UPI avec mes collègues.

Les séminaires en Indonésie sont un vrai business. Qu'on ne s'y trompe pas, on est assez loin des séminaires et autres colloques que l'on connaît en Europe. Malheureusement, la démarche est loin d'être désintéressée et uniquement motivée par l'amour de la discipline et la volonté d'approfondir ses connaissances et le champ de la recherche... En effet, en Indonésie, le statut des fonctionnaires de l'éducation fonctionne par points, et, si j'ai bien compris, plus le nombre de points est élevé, plus le salaire est revu à la hausse. Ainsi, assister à un séminaire rapporte un certain nombre de point, et encore plus s'il s'agit d'un séminaire international.

De plus, pour une université, prendre en charge l'organisation d'un séminaire est une question d'image avant toute chose : à l'UPI, je crois ne pas me tromper en disant que le challenge était surtout de se mettre en avant vis à vis de l'Ambassade de France, mais aussi de se démarquer des autres universités (les universités en Indonésie sont privées, et nombreuses, il y à donc une grande concurrence, bien qu'à Bandung, cela ne se joue qu'entre deux universités en ce qui concerne le français).

En connaissant ces aspects, un séminaire international de didactique perd beaucoup de son "aura scientifique" à mes yeux... Surtout que comme j'avais pu le constater à Semarang, de nombreux visiteurs y assistent dans l'unique but d'obtenir la sacro-sainte attestation, qui est le sésame pour obtenir ces fameux points... Bref, je suis surement un peu trop naïve, mais je ne peux pas m'empêcher d'en être attristée et j'ai ainsi participé à ce séminaire sans réel espoir de pouvoir vraiment apporter quelque chose aux participants.

Pas question pour autant de faire une intervention creuse et sans intérêt; j'ai beaucoup travaillé sur mon intervention, et ai choisi de proposer un retour sur les notions fondamentales de ce que recouvre le terme de "perspective actionnelle", et de définir et d'illustrer la notion de "tâche". En effet, reprendre les notions dans leur ensemble me semblait plus que légitime, la perspective actionnelle étant le fruit des travaux du Conseil de l'Europe, c'est une notion essentiellement Européenne qui est encore très méconnue en Indonésie... Bien qu'elle soit omni-présente dans les Centres Culturels français et les universités via les manuels utilisés!

Bien consciente que ce qui fait sens pour un public de profs Indonésien c'est l'exemple et le concret bien plus que la théorie, j'ai profité de la présence d'Emilie, collègue de master 1 venue me rejoindre en Indonésie, pour que nous mettions en commun nos expériences de projets et d'activités par tâches vécues en classe au fil de nos missions dans différents pays.



Pour toutes les raisons que j'ai exprimées plus haut, il est difficile d'évaluer l'impact réel des informations apportées lors de ce type de séminaire... Ce que j'ai pu observer, c'est que ce séminaire a surtout apporter beaucoup aux étudiants y assistant, et aux étudiants de post-maîtrise ayant animés des ateliers. Cela constitue en effet une très bonne expérience et un challenge extrêmement motivant pour la plupart d'entre eux. Quelques uns de mes étudiants de S2 ont animés des ateliers et m'ont réellement impressionnés par la qualité de leur travail et de leurs réflexions. Quant aux étudiants de S1, impliqués dans l'organisation du séminaire, cela leur a permis de se retrouver autour d'un projet commun (ce serait d'ailleurs une super idée de projet actionnel à mettre en place en classe de français...!) et de prendre une part active à l'évènement malgré un niveau de langue moindre ne leur permettant pas de comprendre tout à fait les interventions.

Quelques enseignants et les étudiants du comité d'organisation du séminaire...

Photo de classe ;) de l'équipe enseignante de l'UPI...


jeudi 3 juin 2010

Politique et langue française... Un cocktail parfait pour une simulation détonnante en classe!

Afin de finir l'année universitaire de manière un peu originale, j'ai entrepris l'organisation d'une simulation (...ou "faire semblant accepté volontairement", devrais-je dire, d'après le CECR! :)) avec mes classes de 6ème semestre (3ème année, niveau A2 vers B1...Mais disons plutôt A2). Le thème: les élections municipales.

Contextualisation toute simple : vous vous présentez aux prochaines élections municipales de Bandung.

Consigne : vous créez un programme électoral sur plusieurs thèmes (santé, environnement, justice, économie, culture, etc.), vous concevez des outils de communication (affiche électorale) et présentez votre programme en public afin de le convaincre de voter pour vous.


Je ne m'attendais pas à ce que ça prenne très facilement, d'autant plus qu'en séance de préparation, mes questions de type "vous connaissez la politique de votre pays?", je n'avait que pour seule réponses des piaffements de rire amusés comme si je leur avais demandé s'ils croyaient aux extraterrestres.

Mais pourtant, après quelques efforts pour les pousser à approfondir le sujet (j'y tenais, à cette simulation), les étudiants se sont montrés très créatifs et très moitivés par les tâches demandées. Au delà des mes espérances, à vrai dire. Ils ont proposés des idées pertinentes (quelques unes étaient largement saugrenues bien sûr, comme cette proposition de supprimer toutes les chaînes de restauration rapide de type Mc Do par des restaurants exclusivement Soundanais... Et après on dit que les français sont chauvins...:)), sur des thèmes complexes à traiter vu leur niveau de langue (économie, lutte contre la pauvreté, l'environnement et son champ lexical spécifique, etc.).

3 séances ont été consacrées à la préparation de la simulation. La première séance était une séance de familiarisation avec le thème de la politique, le champ lexical associé et quelques notions culturelles liées à la politique française et Indonésienne. Les deux séances suivantes ont consisté en la préparation et la rédaction des programmes, travail réalisé par groupes de 5 (le candidat + les adjoints).

Quant à la simulation, elle a été organisée dans l'un des auditorium de l'UPI, avec les deux groupes réunis (environ 50 élèves). C'était un très bon moment, les étudiants se sont pris au jeu et ont pratiquement tous ajouté leur petite touche personnelle à leur argumentaire. Petit bémol cependant, j'ai vraiment manqué de temps sur cette séance, il m'aurait fallu consacrer 2 séances complètes à la simulation. S'en souvenir pour plus tard, car c'est une activité que je reproduirai dans d'autres classes dès que je le pourrais!





Moi, je vote pour eux tous!

Nouvelle formation de formateurs au CCF sur l'utilisation de la vidéo en classe

Lors de la dernière formation que j'ai effectuée au CCF, j'avais eu l'occasion d'interroger un peu les profs sur les thèmes qu'ils aimeraient aborder lors de futurs formations. J'ai pu alors constater que ce qui revenait le plus souvent, c'était le désir de se former sur la création d'activités "hors manuel", plus précisément à partir de vidéos ou de documents audio. J'ai trouvé ça intéressant, surtout que ça témoigne d'une réelle volonté de s'autoformer et de développer un savoir faire pratique transférable en classe. Ce souhait de maîtriser les outils audio et vidéo correspond également au profil des profs du CCF, qui pour la plupart sont de jeunes professeurs issus de la génération "nouvelles technologies", et qui sont donc tout à fait disposés à multiplier les supports en classe.

Comme lors de la dernière formation, j'ai préparé mon travail en amont en m'appuyant sur le puits inépuisable de Connaissances et de Savoir en la matière qu'est mon cerveau. Non, je plaisante, en fait je me suis basée essentiellement sur Internet, notamment sur le dossier Franc-Parler (encore lui! Je vais finir par me faire tatouer le logo) dédié à l'enseignement avec le cinéma en classe, puis sur l'article de Jean-Michel Ducrot sur l'utilisation de la vidéo en classe de FLE.

J'ai tenté de dompter mes démons intérieurs et ne pas trop m'étendre sur la théorie, comme j'en ai la vilaine habitude*. Aussi, pour ne pas perdre de vue la visée pratique de la formation, j'ai proposé aux stagiaires - après avoir consacré tout de même du temps à l'explication des objectifs et des apports qu'apporte la vidéo en classe - de passer en revue les types de supports que l'on pouvait utiliser, et de leur indiquer où les trouver, et comment les manipuler.

Au CCF, il suffit de regarder autour de soi pour trouver des supports: la DVDthèque du Centre est très bien fournie, et la salle des profs regorge de DVD en tous genres...courts métrages, clips musicaux, animations, etc. La plupart étant des DVD édités par le département de politique linguistique du Ministère des affaires étrangères, destinés aux apprenants étrangers de français. Sans parler d'Internet, où l'on peut trouver de tout sur les sites spécialisés (TV5 notamment) et sur des chaînes vidéos comme youtube ou dailymotion.

J'ai donc ramené tout ce que j'ai trouvé en salle de formation (oui enfin à l'exception des quelques 200 DVD de la médiathèque, par soucis logistique...), car c'est parfois les outils que l'on a sous les yeux au quotidien que l'on connait et que l'on utilise le moins.

Nous avons ensuite regardé ensemble une séquence que j'avais préparée autour d'une scène du film "Tanguy", et nous avons parcouru les pistes pédagogiques possibles à exploiter. Après cette réflexion en commun, j'ai divisé la classe en groupes et ai attribué à chacun des groupes une séquence différente du film, et leur ai fait créer une activité autour de celle-ci.

Les activités que m'ont proposées les profs m'ont toutes semblé pertinentes, on sentait une bonne maîtrise des objectifs à atteindre et des niveaux. J'ai juste relevé des cafouillages dans l'expression des consignes, qui bizarrement sont toujours énoncées de manière bien plus compliquées que ce qu'elles sont en réalité!

Histoire de ne pas laisser les stagiaires les mains vides, et dans l'éventualité où ils souhaiteraient se replonger dans la thématique de la formation, j'avais constitué un dossier de formation contenant les points théoriques et des informations pratiques. En plus de ce dossier, j'avais gravé à chaque stagiaire un CDrom contenant des supports audio et vidéo accompagnés de fiches pédagogiques que j'avais alors crée quand je travaillais au Laos.

Je suis gentille quand même :)





* Je reste tout de même persuadée qu'une bonne pratique passe par un solide apport théorique, et bien que j'ai tendance à m'étendre un peu trop dessus, ça me semble une étape essentielle dans une formation... Le mot "théorie" pour moi n'est décidément pas un gros mot!

samedi 10 avril 2010

La vie suit son cours dans le petit monde du français en Indonésie..!

La phase "francophonie" étant passée et des petites vacances bien méritées ayant été prises (à Bali "encore", eh oui que voulez-vous, habitant à 1h30 en avion du Paradis, autant en profiter!), il est temps de faire une petite mise à jour sur mes activités entourant le français à Bandung.

J'ai presque envie de dire que c'est la routine, mais ce serait tout de même un peu abusé de parler de routine quand on a la chance de travailler en Indonésie. Disons que le deuxième semestre suit son cours, à un rythme soutenu tout de même, car nous sommes en ce moment déjà en période d'examens de mi-semestre. C'est à dire qu'à ce jour, il ne reste plus qu'environ 2 mois de cours, et j'ai vraiment la sensation que le temps passe à une vitesse vertigineuse.

J'en suis à cette période de mon séjour ou je ne pense plus en terme de temps passé, mais de temps qui reste, et l'angoisse du départ à venir commence à s'installer. Malgré tout je n'oublie pas de profiter un maximum de ce temps... Ce que j'ai eu l'occasion de faire lors de la petite fête de clôture de la "semaine française" organisée par les étudiants du département de français, pour laquelle j'ai donné un petit cours de familiarisation à la langue improvisé. J'ai pu voir lors de cet évènement l'enthousiasme des étudiants, malgré quelques petits couacs dans l'organisation, dont un qui n'est pas des moindres : l'oubli de me prévenir d'un tel évènement et de ne m'en faire part que 2 jours avant!!!! Dommage car j'aurais aimé faire bien plus que ce petit cours improvié, mais bon, disons qu'ils étaient très préoccupés, on les excuse..!

Bref, j'ai assisté à la petite fête de clôture et Julie, qui m'accompagnait, a fait de jolies photos représentant assez bien l'ambiance qui règne parmi les collègues et les étudiants à l'UPI!


Loupi!
UPI ; Univesitas Pendidikan Indonesia (Université de pédagogie d'Indonésie)

Avec Popi, une de mes étudiants du sixième semestre, et une étudiante très active du département de français!

Avec Jaluw, l'étudiant derrière le roman photo "à l'école de musique" dont j'ai parlé dans le dernier billet (et qui a d'ailleurs remporté le deuxième prix!)

Dante, l'un de mes collègues professeur de français, qui nous a interprété une chanson d'amour en français! Madame iim n'a pas résisté, elle est venue lui déposer une fleur... Ils ont le sens du kitsch en Indo, c'est ce qui fait tout le charme !


Remise des prix des meilleurs étudiants du département de français!

Yuyun, Dita et Tya. Y'en a une qui à l'air moins angoissée que les autres!!

C'est assez surréaliste de participer à des évènements étudiants en Indonésie, car en temps que "Bule" (=blanc), on est constamment sollicités pour des séances de photos avec de parfaits inconnus. L'important est de jouer le jeu et de garder le sourire!

Last but not least : avec mes deux collègues Diny et iim, mes "manmans "d'adoption en quelque sorte! Elles me soutiennent beaucoup dans le travail et sont d'une excellente compagnie !

jeudi 18 mars 2010

Fin mars, un mot d'ordre : FRANCOPHONIE!

La fin mars est, pour tous les acteurs du FLE, une période particulièrement riche en évènements ; c’est la semaine de la francophonie, lors de laquelle les institutions d’enseignement du français langue étrangère du monde entier organisent divers évènements afin de promouvoir la langue française.

En plus de la semaine de la francophonie, le Ministère de la Culture et de la Communication propose quant à lui un autre type d’évènement, « la semaine de la langue française », qui consiste à mettre en avant chaque année 10 mots de la langue française, via des concours de poésie, des pièces de théâtre, des ateliers d’écriture créative, etc.

Ces deux évènements permettent d’une part de promouvoir la francophonie auprès d’un plus large public, mais aussi de mettre en place des projets de travail sortant de l’ordinaire avec les étudiants des écoles et des départements de français.

Pour ma part, c’est un incontournable ! Et en ce qui nous concerne ici, à Bandung, nous avons en ce moment de beaux projets en route.

Tout d’abord, le « concours de la francophonie » organisé par le SCAC de l’Ambassade de France en Indonésie. Ce concours, proposé à tous les départements de français des Universités Indonésiennes, propose aux étudiants le souhaitant de créer un projet décrivant d’une manière originale leur ville et/ ou quartier, sur le modèle de « cités du monde » de TV5. 10 étudiants sont ensuite sélectionnés pour la finale qui aura lieu le mercredi 24 mars à Jakarta.

A l’UPI, j’ai fait la promotion du concours auprès de mes élèves en organisant des réunions de travail régulières : explication des consignes, état des lieux de l’avancement des projets, questions/réponses, récolte des projets, etc. Exercice pas toujours évident, car les consignes me semblaient parfois un peu opaques et assez difficile à comprendre pour des étudiants de niveaux débutant. J’ai récolté 8 projets, ce qui m’a semblé peu vu l’enjeu (le gagnant du concours gagne un voyage d’un mois en France, ce dont 99,9% de mes étudiants rêvent)…A ce jour je ne comprends toujours pas ce petit « flop », mais d’un autre côté j’étais tout de même assez contente car il m’a tout de même fallu faire une sélection parmi ces 8 projets pour n’en retenir que 5 pour l’Ambassade. Nous avons appris la semaine dernière que mon étudiante de sixième semestre Gabriela avait été sélectionnée, nous partons donc mardi prochain direction Jakarta pour l’épreuve orale qui déterminera les 3 gagnants du voyage.

Concernant le concours "dis moi dix mots" pour la semaine de la langue française, c'est cette fois avec le CCF de Bandung que nous avons mis en place un concours. L'équipe de direction et l'équipe pédagogique s'est réunie, réunion à laquelle Julie (la stagiaire MAE de la fac de lettres) et moi-même avons été conviés. Les expériences des années précédentes ont montré que les concours ne semblaient pas beaucoup mobiliser le public du CCF. Problème de communication, manque de relai dans les classes, manque de motivation... Difficile de savoir vraiment ce qu'il en est. Toujours est-il que cette année, nous étions bien décidés à faire mieux, en communiquant davantage et en proposant un concours motivant. Lors de la réunion, je me suis souvenue d'une fiche de Franc-Parler que j'avais lue à propos de la création de romans photos en classe, et cela m'a semblé être une bonne idée pour le concours : créer un roman photo dont l'histoire inclura les 10 mots retenus cette année par le Ministère. Banco! L'idée a été retenue.

Julie et moi avons, chacune de notre côté, fait la promotion du concours dans nos classes afin de pousser un maximum d'étudiants à participer. Julie en a d'ailleurs profité pour utiliser le sujet du concours comme devoir noté pour l'examen de mi-semestre (où "comment forcer le libre choix des étudiants à participer à un concours" hihi il faut bien parfois être un peu plus malin si on veut obtenir ce qu'on veut!!!), et j'ai, pour ma part, décidé de travailler le roman photo en classe dans une logique de projet actionnel.

Pour cela, je me suis aidée de la fiche pratique de "Franc-Parler" , fiche dont je me suis inspirée pour le déroulement et que j'ai adapté à mes étudiants. J'ai travaillé sur ce projet avec mes étudiants de 6ème semestre (3ème année) sur 4 séances, en les prenant exceptionnellement en grand groupe (environ 45/50 étudiants, je les ai habituellement en demi-groupe une semaine sur deux). La première séance a été une séance de familiarisation avec le roman photo (historique, concept, construction, scénarios, vocabulaire spécifique, présentation d'exemples, etc.) et d'explicitation de l'originalité du concours, autrement dit l'explicitation des 10 mots: mentor, escagasser, remue-méninges, variante, mobile, crescendo, galère, cheval de Troie, zapper et baladeur! Autrement, pas une mince affaire! J'ai ensuite travaillé le synopsis lors de la deuxième séance, et ai fait établir à mes étudiants un premier jet de l'histoire de leur roman photo. J'ai alors constitué des groupes de 5, me permettant au final de récolter 10 romans photos. Nous avons ensuite crée les scénarios lors de la troisième séance et finalisé les projets.




Afin de respecter l'esprit du concours, je n'ai pas immédiatement effectué de correction sur le contenu linguistique, mais uniquement orienté les étudiants dans la construction de leurs scénarios et dans la conception des romans-photos. J'ai, au final, récolté 10 romans-photos surprenants, qui pour la plupart m'ont assez impressionnés par la créativité dont ils ont fait preuve malgré les maladresses grammaticales! Malheureusement, la consigne impliquant les 10 mots de la LF à inclure dans les romans photos n'a pas toujours été respectée, cela a semblé être trop difficile pour nombre de mes étudiants.

Bref au final un groupe de mes étudiants a été pré-sélectionné, avec un roman photo très amusant que je vous présente ici!








lundi 15 février 2010

Enseigner la littérature française et francophone...

Je ne parviens pas à me rappeler si j'aimais les rentrées quand j'étais encore à l'école. Quelque chose me dit que je ne faisais pas exception à la règle, et que dans l'ensemble je détestais ça.

Sacré contraste, maintenant que je suis passée à l'ennemi :)

La rentrée a eu lieu il y à maintenant deux semaines, et je suis comblée. J'ai la tête bien occupée et l'agenda griffonné jusqu'au mois de juin par de bien sympathiques perspectives, liées notamment à la semaine de la francophonie qui aura lieu en mars.

Mais commençons tout d'abord par quelques lignes sur mes attributions du deuxième semestre; celles-ci ont en effet un peu changées, et je me retrouve professeur de littérature française et francophone pour les S2 (les grands, rappelez-vous). Exit la sociolinguistique, place aux grands courants littéraires et aux auteurs incontournables de langue française!

Comme à l’accoutumée, pas d'objectifs précis, et le semblant de syllabus que j’ai obtenu à grand peine ne m'a pas beaucoup aidé à définir ce que l’on attendait de moi pour ce cours. J'avais pourtant bon espoir d'être un minimum éclairée par ce merveilleux document (un syllabus et en quelque sorte un descriptif du cours censé permettre à l'enseignant de préparer son contenu en accord avec le programme de l'institution, autrement dit, une véritable boussole), mais mes espoirs ont été réduits à néant à la lecture de ce qui s’est avéré être un maigre feuillet de quelques lignes préconisant d'enseigner les grands courants littéraires du Moyen-âge à nos jours, des grands auteurs français et francophones, l'analyse du discours, les figures de style, les registres de langues, tout en abordant bien entendu la question de la didactique des textes littéraires en classe de langue, etc etc.


!!!


Qui est le con qui a dit que « impossible n’est pas français », que je lui fasse bouffer une copie du Syllabus ? (Google m’indique qu’il faut alors que je m’en prenne à Napoléon…).

Si j’ai appris une chose depuis que je suis stagiaire FLE en Indonésie, c’est que tout est possible en Indonésie, et qu’il faut savoir jouer des situations absurdes et en faire une force. Du coup, je me suis dit qu’en plus des préconisations du syllabus, j'aurais encore bien le temps de traiter de la méthodologie de la dissertation philosophique, de proposer une analyse sémantique du champ lexical de la féodalité dans Tristan et Iseut et aussi de la philosophie des Lumières un de ces 4 matins entre 5 et 7 heures :)

Non mais sérieusement, on attend sincèrement de moi que je traite de la littérature française et francophone en 16 cours. J'en ai déjà des nœuds dans l'estomac à l'idée des impasses révoltantes que je vais devoir faire pour faire tenir un tel programme en ce temps record ! Mais bon, j'ai déjà la chance d'avoir à charge un cours si passionnant, loin de moi l’idée de m’en plaindre (je me plains un peu quand même mais au fond de mon petit coeur d'intello de base je suis très, très contente).

J’ai, à ce jour, déjà donné 3 cours de littérature et jusqu’à présent je pense m'en être plutôt bien sortie malgré quelques tâtonnements. Il faut dire que j’ai encore tout à apprendre sur la question de la didactique de la littérature, et je me rends compte de plus en plus que sensibiliser les étudiants (utiliser ici le verbe « enseigner » me parait bien présomptueux en regard des embryons de connaissances que j'ai en la matière) aux grands écrits français et francophones implique de savoir manier la littérature (en somme, de la culture G, ce qui me semble être le plus simple à partir du moment ou l’on effectue une préparation de cours solide), mais aussi de comprendre et de transmettre les subtilités du langage propre à chaque époque historique et chaque courant littéraire (plus dur), tout en restant vigilant à garder un discours didactique et adapté aux étudiants (véritable performance).

Entre français de langue maternelle, un minimum lettrés et sensibles à la chose littéraire, il est plus ou moins aisé de se laisser aller à la passion littéraire et de décortiquer les écrits des grands auteurs. Je dirais même que pour le français moyen-pédant-et-grande-gueule (mais si ,vous voyez…celui du cliché pas si cliché!) c’est un exercice quasi quotidien plutôt agréable à mener ...(ou désagréable à subir selon l’interlocuteur, j’en conviens !).

Face à un public dont le français n’est pas la langue maternelle, la transmission des connaissances seule ne suffit plus, il faut sans cesse garder en tête le facteur linguistique et adapter son discours vis-à-vis de celui-ci, ce qui m’apparait être une grande difficulté dans le cas d’un cours de littérature. En effet, en tant qu’enseignant de français, il nous faut avant tout mener notre mission linguistique et donc travailler sur la compréhension et sur la forme (explicitation du lexique, observation et analyse des structures syntaxiques propres à certaines littératures, points de grammaire, etc.), mais comment faire ceci tout en préservant la beauté naturelle des mots d'auteurs et de leurs enchainements ? Je ne trouve pas ça évident, mais c'est un beau challenge. A l'heure qu'il est, je ne suis pas exactement sûre que mes étudiants aient bien perçus les subtilités des fables du Moyen-Age comme Le Roman de Renart ou la profondeur de l'amour impossible de Tristan et Iseult (les derniers cours ont portés sur la littérature du Moyen-Age, vous l'aurez deviné), mais je les ai vus apprécier les textes et s'y intéresser, et c'est là l'important, hein? Oui? Non? ... Rassurez moi!!! :)

Ca va, ils n'ont pas l'air trop traumatisés mes étudiants, hein?!

vendredi 8 janvier 2010

Formation de formateurs sur la pédagogie interculturelle

Je crois qu'il me faut parler un peu boulot car sinon on va être tenté de croire que je passe ma vie en vacances ;)

A Bandung, nous avons la chance d'avoir un CCF (Centre Culturel Français) très dynamique dans lequel travaille une équipe super sympa, sous la direction d'un directeur tout aussi dynamique et sympa. Non je ne perçois pas de pourcentage sur les frais d'inscription ni de réduction sur les Bintang du café du CCF pour dire de telles gentillesses, ce n'est que la stricte vérité! J'aurais du mal à faire croire le contraire de toute manière, car il est de renommée locale que le CCF, c'est en quelques sorte ma résidence secondaire; je m'y sens bien, j'y apprécie la compagnie des gens qui travaillent là bas, j'y passe donc tout naturellement les 3/4 de mon temps libre, au point que je ne serais pas étonnée qu'on m'installe un jour un panier dans un coin de la médiathèque...:)

Bref, pour en revenir aux actions du CCF pour la promotion du français, elles sont multiples; agenda culturel diversifié et intéressant, médiathèque fournie, espace multimédia libre d'accès, et des formules de cours attrayantes.

Ma maison. Ah non pardon ça c'est le CCF.

L'un des atouts du CCF est sont équipe pédagogique jeune et dynamique, composée d'anciens étudiants de français (et pour certains encore en cours d'études), tous Indonésiens, ayant une bonne maîtrise de la langue française et étant pour la plupart familiers avec les techniques pédagogiques "modernes" (j'entends par là, s'inscrivant dans une démarche de pédagogie active, et sensibilisés à l'approche communicative).

Cependant, les contenus des cours dispensés aux futurs professeurs de français Indonésiens pêchent par l'absence de notions pédagogiques. En tout cas, c'est l'impression que j'ai quand je compare avec ma propre formation. Évidemment il est difficile de réellement comparer, les références et standards pédagogiques Européens étant à mille lieues des standards Indonésiens. De ce que je peux voir à l'UPI, les cours dispensés à mes étudiants se composent essentiellement de linguistique, de sociologie du langage, de civilisation, de français de spécialité ou d'acquisition langagière. Bref, mes étudiants - futurs profs - maitrisent la terminologie scientifique (oui, tous ces mots en -iques) mais quand il s'agit de techniques de classe, bien peu de choses sont vraiment abordées à ce sujet lors du cursus universitaire, et je sens mes profs un peu désemparés à ce propos.

A l'UPI, avec mes étudiants de S2 (les profs en formation continue de niveau post-maitrise) je peux d'ailleurs observer que les interrogations qui reviennent la plupart du temps sont de l'ordre pédagogique. C'est pourquoi lors du 1er semestre j'ai abordé de nombreuses fois ces questions: la didactique, l'acquisition du langage, les courants didactiques, des ateliers de création de fiches pédagogiques, la chanson en classe de langue, etc, etc. C'est donc dans cette démarche que j'ai proposé au CCF d'animer de temps en temps des formations de formateurs pour les enseignants du CCF; afin d'aborder des thèmes en lien direct avec leur pratique quotidienne.

C'est ce qu'on appelle dans le jargon la "Fofo", la formation de formateurs. En FLE, les formations de formateurs abordent de nombreux sujets, la plupart tournant autour des thèmes des TICEs, de l'interculturel, de l'enseignement de l'oral, de l'écrit, de la chanson en classe de langue, du FOS, etc, etc... C'est un volet du FLE que j'apprécie particulièrement, tant par la nature des contenus abordés (on est plus dans la pédagogie que dans la langue) que par le public auquel on fait face (des formateurs adultes, qui ont des attentes et des objectifs précis). J'ai donc animé ma première formation au CCF autour du thème de la pédagogie interculturelle, en décembre dernier.

J'avais pu observer lors du séminaire à Semarang que le thème de l'interculturel intéressait beaucoup les enseignants de français Indonésiens, mais les laissait avec de nombreuses interrogations, notamment sur la traduction pratique de cette notion "d'interculturel" en classe de langue. C'est pourquoi j'ai insisté sur la pratique cette fois, en proposant deux sessions, de respectivement 2 et 3 heures, dont la première, tout en définissant le cadre théorique, serait ponctuée d'exemples pratiques concrets, et la deuxième serait en grande partie un atelier pratique. Je suis partie du principe que pour retenir l'attention de mon groupe, il me fallait absolument illustrer mes propos théoriques d'exemples pratiques et concrets qu'ils pourraient ensuite réutiliser dans leurs propres cours. D'autant plus que quand on parle d'interculturel, on flirte parfois avec la philosophie humaniste et que les discours peuvent vite de perdre dans les limbes abstraites et opaques des discours inspirés...

Afin de parler de la notion d'interculturel sans me perdre dans les méandres théoriques, j'ai utilisé deux ouvrages comme base de travail, "l'éducation interculturelle" de Martine Abdallah Pretceille [1] et le livret édité par le Conseil de l'Europe sur l'interculturel dans l'enseignement des langues [2]. En termes de littérature sur le sujet de l'interculturel, le choix est large, mais ces deux ouvrages me sont les plus familiers et ils m'ont parus correspondre à mon public de formation. Quant aux aspects pratiques, j'ai préparé ma formation en me basant essentiellement sur le dossier Interculturel de Franc-Parler, qui est d'après mes nombreuses recherches le seul document en ligne traitant de l'interculturel sous forme de fiches pratiques aussi précisemment.

Lors de ma formation en FLE (et aussi - et surtout - grâce aux conseils de camarades superwomen de la formation...Oui oui Cécile c'est notamment de toi dont je parle ;)), j'ai appris que deux éléments sont à prendre en compte au préalable à toute formation: l'analyse des besoins du public concerné et les objectifs de l'institution. C'est pourquoi j'ai avant toute chose distribué un questionnaire aux participants à la formation afin de faire le point sur leurs connaissances sur l'interculturel, leurs difficultés face à cette notion et sur leurs attentes. A la question "qu'évoque pour vous la notion d'"interculturel"", j'ai été surprise de constater qu'ils avaient déjà une bonne maîtrise de certains principes essentiels. Tous avaient conscience que l'apprentissage d'une langue ne peut se départir d'une connaissance de la culture qui lui est liée, et certains ont également évoqué la nécessité de connaitre sa propre culture avant d'aborder celle de l'Autre. Autant dire les fondamentaux! Par contre, j'ai remarqué aussi que beaucoup de profs liaient la pédagogie interculturelle avec un certain enseignement du respect, ce qui d'après moi n'est pas le cas. Loin d'être un cours de morale et de savoir-vivre, aborder l'interculturel en classe de langue a pour but d'amener les étudiants à comprendre l'Autre, et c'est un chemin qu'il suit seul, l'enseignant n'étant alors "que" celui qui oriente, qui guide dans ce processus. Une autre question de ce questionnaire concernait les attentes des futurs stagiaires, et sans surprise j'y ai beaucoup retrouvé un désir de notions pratiques, concrètes, et réutilisables.

Pour répondre au mieux à ce souhait, j'ai conçu un dossier d'une 20aine de pages à l'attention des stagiaires. Un support papier, comprenant des fiches pédagogiques (la plupart tirées de Franc-Parler, FDLM, et de mes documents personnels), des articles de références (quelques pages résumant la théorie sur l'interculturel que j'ai rédigé, des articles de FDLM et de Franc-Parler, extraits du CECR), une bibliographie et une webographie. Bref des documents dans lesquels se replonger si on le souhaite, et dans lesquels piocher pour des activités de classe.

Comme je l'érivais plus haut...Bien plus haut en fait...(!! j'ai sérieusement digressé là tout de même...), j'ai traité de l'interculturel lors de la première séance en me basant sur les principes mis en avant dans le dossier de Franc-Parler, et les ponctuant chancun d'activités pratiques afin d'illustrer mes propos. Ainsi, au principe "sensibiliser les apprenants à la notion de culture", j'ai proposé comme activité le jeu de rôle suivant : "vous recevez un correspondant francophone chez vous et lui expliquez quelques coutumes Indonésiennes", jeu de rôle riche en informations et échanges, lors desquels j'ai pu apprendre que se moucher en public était très impoli et très honteux en Indonésie, alors qu'honorer un repas d'un rot tonitruant était tout à fait acceptable. Il est également très mal vu d'utiliser la main gauche pour donner/recevoir quelque chose, car celle-ci est considérée comme impure. Les rituels des repas sont aussi très riches en phénomènes culturels : les repas en Indonésie se passent en silence et sont rapides. Ils se composent essentiellement d'un plat complet. Nous avons bien ris lorsque l'une des stagiaires nous a raconté un repas qu'elle avait pris avec des français, lors duquel elle a du "subir" le package Apéro-Entrée-Plat principal-fromage-dessert-café tout en se retenant de roter et tout en étant assise face à son camarade français enrhumé se mouchant sans cesse...:)

Au principe "la culture de l'Autre", j'ai proposé une activité de recherche et d'analyse de certaines activités culturelles des manuels "ECHO" que les profs utilisent au CCF, afin que ceux-ci identifient ce que le manuel peut leur apporter en termes d'interculturel. Garder le lien avec le manuel m'a semblé important car il me semble peu probable, au final, que les profs proposent régulièrement et de leur propre initiative des activités interculturelles hors manuel dans leurs classes. D'autant plus que la plupart des manuels récents proposent de nombreuses activités du genre, sans toutefois aborder réellement la manière de traiter ces activités, et c'est là dessus que je voulais intervenir avec cette activité.

Le travail sur les stéréotypes s'est déroulé autour d'une caricature d'un français trouvé sur Internet; il a été amusant de constater qu'à ma question "et si vous deviez dessiner un Indonésien, que dessineriez vous?", aucune réponse n'était possible car il aurait alors fallut dessiner plusieurs dizaines de personnages! En effet, l'Indonésie est un archipel si culturellement diversifié que chaque région implique une nouvelle coutume, de nouvelles traditions, une nouvelle langue, de nouvelles habitudes et de nouvelles caractéristiques... La question devrait alors être, "et si vous deviez dessiner un Javanais? Un Balinais? Un Soundanais? etc, etc!

Caricature assez représentative du cliché français! Bien qu'en Indonésie, c'est plutôt un bel éphèbe Parisien portant un bouquet de rose et un flacon de Chanel n°5 qui devrait illustrer le cliché français, tant les Indonésiens associent la France avec le romantisme, Paris et le parfum..!


Enfin, pour le travail sur les similitudes qu'il existe d'une culture à l'autre, j'ai repris le tableau de l'exercice 5 du document PDF de Manuela Ferreira Pinto (CIEP).

Pour conclure sur du concret et pour préparer à la séance suivante, j'ai ensuite listé les supports et les activités possibles à utiliser en classe dans une perspective interculturelle; presse, images, vidéos, publicités, guides de voyage, caricatures, documents authentiques, rencontres réelles ou à distance, les jeux de rôles, les gestes culturels, internet, etc... Autant de pistes que j'ai lancées en vue de la séance suivante lors de laquelle j'ai proposé un atelier de création de séquence pédagogique interculturelle.

Les séquences présentées par les stagiaires lors de cette deuxième séance ont flirtées avec les notions vues précédemment, sans toutefois toujours être efficaces. J'ai pu constater que si les notions principales avaient été comprises, il faudrait encore du temps et de l'expérience pour que les professeurs que j'ai eu en formation en maitrisent les applications. Cependant de bonnes idées ont été proposées, comme une activité autour des cartes d'identités indonésiennes et françaises (au travers desquelles ont peut aborder plein de sujets, tant culturels que linguistiques), ou un jeu de rôle mettant en scène des personnages autour du rituel des cadeaux (cadeaux perçus de manière divergente d'un pays à l'autre). Ainsi, je ressors de cette formation assez contente dans l'ensemble, mais tout de même avec l'idée que décidemment, il me faudrait bien plus que deux séances pour amener mes stagiaires à s'exprimer davantage sur le sujet et à mieux le maitriser. D'autant plus qu'à plusieurs reprises, je me suis surprise à m'étendre trop sur la théorie, et à perdre un peu le fil de la pratique en partant dans des digressions certes passionnantes (une question en appelle toujours une autre et le sujet de la culture de l'un et de l'autre pousse à des discussions sans fin!) mais à contrôler dans le cadre d'une formation. Je regrette également qu'il soit si difficile d'évaluer la qualité de la formation; ainsi, je reste un peu dans le doute quant à ma prestation en tant que formatrice. Comment savoir si j'ai été claire? Comment savoir si mes stagiaires trouverons une utilité à ce que je leur ai appris? Bien sur, j'ai collecté les impressions dans un questionnaire de fin de formation, et celles-ci étaient pour la plupart positives, mais cela reste des mots.

Je me demande si ces interrogations sont les mêmes pour les formateurs FLE en général. Existe-t-il des formations dont on peut évaluer la qualité avec précision? Le formateur est-il condamné à rester sur le pas de la porte de la salle de classe de ses stagiaires, seul avec ses doutes? (et aussi, est-il éthiquement acceptable que le formateur, assailli par le doute, fasse usage de technologies de pointe en installant des caméras vidéos dans les salles de classes et vérifier ainsi le bien fondé de son travail...).

Bref, dans l'ensemble, cette première formation au CCF est une belle expérience, qui en appelle d'autres! Il faut dire que la demande ne manque pas; entre le CCF et les nombreux autres thèmes qui me restent à aborder avec les profs, et l'Alliance Française qui me propose des formations pour les profs de lycée, je vais avoir tout le loisir de chercher réponse à mes questions ;)



[1]
Abdallah-Pretceille Martine, L'éducation interculturelle, coll. "Que sais-je ?", Paris, PUF, 2004

[2] Byram M., B. Gribkova, H. Starkey, Développer la dimension interculturelle dans l’enseignement des langues, une introduction pratique à l’usage des enseignants, Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2002

lundi 9 novembre 2009

Séminaire fle à Semarang

Un séminaire FLE a eu lieu ce week-end à Semarang, une ville située dans la province de Java Centre; intitulé "L'enseignement de la langue et de la civilisation françaises", il a rassemblé quelques 200 participants, venus d'universités et de lycées de tout l'archipel. J'attendais avec impatience ce séminaire, car c'était pour moi l'occasion d'écouter mes collègues Indonésiens intervenir autour des problématiques du fle qui leurs sont propres, mais c'était aussi - et surtout - l'occasion de passer du temps avec mes collègues de l'UPI dans un cadre plus informel que celui de l'université. Dans les deux cas, le week-end a pleinement répondu à mes attentes, et il me sera difficile d'en raconter les milliers de petites anecdotes qui l'ont ponctué. En voici tout de même un bref récit!

Séminaire FLE à Semarang : la version studieuse ;)

Je suis obligée de couper le récit en deux car sincèrement, quand on parle de "séminaire fle", on pense que l'on va passer le week-end à se prendre le chou sur la didactique du fle en se sifflant des coupettes et en s'auto-congratulant sur la beauté de la langue française et sur son rayonnement international, mais en fait non. Du moins, ça n'est pas le cas en Indonésie, car d'une part, on ne siffle pas de coupettes ici (snif), et d'autre part, je n'ai pas décelé de prout-proutisme lors de ce séminaire. Il n'en a pas moins été studieux, car le thème de la journée ratissant large ("la langue et civilisation françaises"), a été l'objet d'interventions intéressantes (pas toutes, faut pas rêver) qui m'ont permis de comprendre un peu mieux mon nouvel environnement de travail (autrement dit, l'Indonésie et ses profs de français). (Et je vais peut-être arrêter là les parenthèses).

Je n'ai pas pu tout voir, car le séminaire était divisé en ateliers l'après-midi et je suis intervenue dans l'un d'eux. Mais bon, entre autres choses, les thèmes du multimédia, de la mise en place de projets, de la motivation, de l'influence de la langue maternelle, et de la civilisation dans les manuels de fle ont été abordés. Autant dire, plus ou moins les mêmes préoccupations qu'en Europe, j'ai l'impression. Parmi ces interventions, certaines furent obscures ("Comment pratiquer les 20 diférentes stratégies pour expliquer et faire des cartes heuristiques les nouveaux vocabulaires"), d'autres bien vues, notamment avec cette intervention bien à propos en regard de la folie furieuse qui habite les Indonésiens quant il s'agit de Facebook : "profiter de facebook dans l'enseignement de la production écrite".

J'ai, quant à moi, abordé la pédagogie interculturelle, et je crois m'en être bien sortie. Pas évident pourtant, d'introduire la notion d'interculturel en 20 minutes d'interventions, d'autant plus que j'ai essayé de passer un maximum de temps sur l'application pratique après une petite démilitation du champ théorique. Je pense que ça a été bien reçu, les personnes présentes semblaient intéressées et de nombreuse questions ont été posées. Cette intervention était d'abord motivée par une de mes propres frustrations en classe de fle: l'enseignement de la "civilisation", mot que j'abhorre pour son caractère réducteur et cataloguant et qui bien souvent en classe se résume à une addition de notions factuelles souvent basées sur des stéréotypes tous plus idiots les uns que les autres (les français sont romantiques/ils aiment boire du vin/leur système de couverture sociale est le meilleure du monde/France=Paris, etc.), et qui ne laisse aucune place aux caractéristiques propres à chaques individus. Mon message samedi était donc "nous, les français, comme tout un chacun, avons une identité dynamique!!" Ne nous mettez pas dans des cases!!". (J'aurais pu apporter des panneaux et faire un piquet de grève devant la salle de conférence mais ça n'aurait pas joué en ma faveur question stéréotype!)

En action ;)

Pour prouver que je faisais pas un karaoké dans l'image précédente

Bref, un sujet passionnant sur lequel j'ai eu grand plaisir à travailler, et qui j'espère pourra intéresser les profs Indonésiens. C'était en tout cas une belle occasion de transmettre, dans un cadre autre que celui de la classe, et j'espère aussi que ce ça occasionnera de futurs échanges.

Quelques petites photos pour illustrer! J'en profite pour présenter certaines de mes collègues de choc :)


Avec mes camarades stagiaires MAE Fina (Univ de Yogyakarta) et Anne-Lise (Univ de Jakarta)

La cérémonie d'ouverture du séminaire avec une danse traditionnelle Indonésienne

3 de mes super collègues de l'UPI : Youli, Dwi et iim

Avec Dini, encore une collègue géniale!

Séminaire FLE à Semarang : la version folie furieuse!!

Parce qu'un séminaire "à la UPI", c'est pas que le boulot, l'équipe de l'université nous avait concoté un programme digne des plus grands tour-opérateurs ! Ainsi, en malmenant un peu notre horloge biologique (sous entendu en faisant l'impasse sur 2 nuits entières sur une période de 3 jours, hmpf!) nous avons pu faire un peu de tourisme à Semarang et à Yogyakarta. J'ai pu découvrir la pratique de l'achat compulsif de "oleh oleh", petits trucs à manger -souvenir dont les Indonésiens sont très friands, visiter en express Borobudur, un temple Bouddhiste près de Yogyakarta sous une chaleur à crever (38° au bas mot, je dirais), faire une expédition Batik dans les marchés bondés de la ville, et balade en bica (vélo pousse pousse). dans les rues de la ville. Tout cela diligenté par Madame iim, ma responsable de département, qui a eu à coeur de nous faire passer un excellent week-end.

Voilà en vrac commet ça se vit un séminaire ici! C'est du sport, on peut le dire :)

Ce que je retiens surtout, ce n'est pas tellement la découverte de certains lieux comme Yogyakarta ou le temple de Borobudur - exceptionnels au demeurant - mais plutôt l'ambiance géniale qui a régné tout au long du périple. J'ai découvert l'équipe de l'UPI que je n'avais jusqu'à présent fréquenté que sporadiquement entre deux cours, et j'ai pu constater à quel point j'étais bien tombée en venant travailler avec eux.

Enfin bref, place aux photos maintenant...

Yogyakarta vue d'un "Bica"

Madame Elly déchainée sur le karaoké du bus

Borobudur...

Borobudur encore, et ses nuées de visiteurs du dimanche (ils auraient tort de se priver!)

Quelques uns de mes étudiants de S1! Sont-i pas mignons!?


Cheveux z-aux vent, sourire jusqu'aux oreilles